lundi 10 septembre 2012

( 44 )

9 juin


     Que voulait-il, qu'allait-il dire pour qu'à mi-parcours le flot des paroles cesse subitement et que déjà sa pensée plus rapide (Ô combien plus vive !) caracolant  loin devant lui ait montré l'inanité de la poursuite sous peine de fausse route ? Elle ne pouvait rester que ce qu'elle était : un visage certes souriant mais désarmant.


     

samedi 8 septembre 2012

( 43 )

8 juin


     Je la provoque encore. La poursuit jusque dans ses retranchements.

     Il pense : ne suis-je pas allé trop loin, tranché dans le définitif ? Il dit : je n'irais pas au-delà. Mais qu'est-ce que cet au-delà ?

mercredi 5 septembre 2012

( 42 )

7 juin


     Il se sent étrangement libre depuis la rencontre de la veille, soulagé d'un énorme poids. Lui aurait-elle rendue sa légèreté par sa présence inespérée ? Curieusement, il n'attend désormais  plus rien.

lundi 3 septembre 2012

( 41 )

2 juin


     Elle désire rester masquée. Innommée.

     À la suite de quoi, comme une sensation de plénitude et de soulagement. C'est ce qu'il ressent. Soudain apaisé.

     Fin de l'acte.

samedi 1 septembre 2012

( 40 )

2 juin


     Comme une bouffée de chaleur qui monte soudain. Son souvenir, son image radieuse qui resurgit.

     "Il se réveille un matin dans ce qu'il écrit. " Philippe Sollers, Drame. 

     Il s'était donné quatre jours pour la retrouver.

     Jour 1 : liaison non établie. Déjà la pensée d'un mauvais calcul, d'une erreur qui se serait glissée. Mais toutes les données sont fausses. Faussées.

     Jour 2 : revue ! Par hasard, un hasard provoqué, recherché. Acharnement. Quelques pas ensemble. Accueil bizarre de sa part. Puis après séparation, retrouvailles tout aussi imprévues. Capricieuses. Étonnantes. Incompréhensibles, inattendues. Il ne sait plus que croire. Il la revoit l'instant d'avant, seule, qui partait. Image qu'il n'ose qualifier de pathétique. Retrouvailles donc. En forme d'adieu.



jeudi 30 août 2012

( 39 )

2 juin


     Le lieu. Elle. Tout de suite, aperçue. Et le signe de connivence, aimantation, attraction, gravité.

     Il avait tout tenté, tout quitté aussitôt, insatisfait de toutes ses expériences, de toutes ses précédentes randonnées, inassouvi perpétuel pour en arriver là, à cette perfection, à cet absolu, cette déesse vivante aperçue. Suffisamment reconnue pour dire, pour croire et le répéter : elle existe. Comme si toute son histoire, dans cet aboutissement, n'avait été que dans ce perfectionnement gagné pas à pas, une sorte d'édulcoration, d'affinement, de simplification mathématique, un épurement, se terminant, parvenant au modèle même, l'archétype, la pierre philosophale en son état natif dans le creuset de son imagination. Oui, se disait-il, j'ai touché le ciel; ce que je désirais, je l'ai vu. Rien n'a été refusé à mon cœur, disait-il.

     " Comme un bonheur fou enchaîné au désespoir. " Marguerite Duras, La pluie d'été. 

     Comme un objet minutieusement et longuement poli,  qu'à la fin il ne reste plus rien, la moindre aspérité à adoucir, la moindre surface à modeler. Une gemme parfaite captant amoureusement la lumière.

      " Toi, il te quittera pas, même s'il te laisse, il ne te quittera pas..." Marguerite Duras, La pluie d'été. 

     Il pense soudain... Peut-on, sans le vouloir, inspirer du bonheur, donner de la joie ? Il pense encore : c'est un bonheur que cette rencontre. Ce bonheur existe. Il est en moi. Je le vis. J'en souffre.



mardi 28 août 2012

( 38 )

2 juin


      Il ne se souvenait plus. Ne savait dater le  commencement mais les circonstances resurgissaient à la demande, précises, crues. Mais le jour, le mois ? Était-ce avant ou après Noël ou les congés de fin d'année ? Février, peut-être. Plus sûrement - il y avait eu cette semaine d'absence déjà. Mais quand ? En amont, en aval ? Fallait-il en tenir le compte ? Tenir un carnet ?

samedi 25 août 2012

( 37 )

2 juin


     Soupçonne-t-elle qu'elle est pour moi toute la lumière du monde ?

     J'avais promis (promesse à moi faite !) de ne rien dire de tout ce temps d'absence. Et me voici venu dans le temps de l'impatience. Le temps de l'exigence.



jeudi 23 août 2012

( 36 )

2 juin


     Encore la voix railleuse : et si elle n'était qu'un signe, un " signe entr'aperçu dans la lumière et l'ombre " ?

     Tantôt l'on me donne la feuille et n'ai rien pour y tracer ne serait-ce qu'un signe, tantôt j'ai le crayon mais la feuille reste cachée, hors de portée. De ma portée. Et j'étends désespérément le bras, la main et les doigts  à la recherche de l'insaisissable, qui se referment sur l'absente.

mardi 21 août 2012

( 35 )

2 juin


     Sa vie, à elle, à quoi ressemble-t-elle ? Il n'en savait strictement rien. Je ne parle même pas de ce à quoi elle pense (lire dans la pensée d'autrui, le secret des secrets, inaccessibles !), non, simplement ce qu'elle fait en ce moment précis, ce qu'elle aime, qu'elle soit là ou ailleurs, pouvoir l'imaginer dans un cadre, participer à ses soucis, ses tentations, ses aspirations... 

     Elle semblait n'être que de passage, une voyageuse de commerce qu'on ne croise qu'une fois.