jeudi 21 juillet 2011

carnet 27

11.07.2011

La Loire s'enlise

du sable plein les oreilles

quand vient l'étiage





dimanche 17 juillet 2011

carnet 27

10.07.2011

Je regarde le ciel. Ses nuages.

Les très hauts les très fins les très froids
qui dessinent des plumes et de si jolis voilages

Et, là-bas, venu dont ne sait où 

Un tout petit nuage

qui monte et s'enfle et tente sa partie

mais s'évanouit sitôt que né

laissant le ciel en sa nudité d'aurore.

La vie d'un nuage aussi brève soit-elle

croyez-moi

n'est pas de tout repos.

Qu'il pleuve qu'il neige qu'il vente

Il va son chemin buissonnier parsemé d'épines. 

jeudi 14 juillet 2011

Carnet 27

30.06.2011

Vivre sa vie telle une saison

Chaque jour sans rime ni raison

La main à la rame filant sa peine

Allant l'amble et le vent

Tissant le jour ce que la nuit défait


lundi 11 juillet 2011

carnet 27

05.07.2011

Prendre de la hauteur.

Se détacher, ne serait-ce qu'un instant, des choses d'ici-bas et les contempler de loin.

De très haut.

C'est alors que le silence survient et qu'on le respire ...

Rien que le silence.

mardi 5 juillet 2011

Carnet 27

     Chantons pendant que nous avons encore un peu de voix
     Sur deux ou trois temps, dansons avant que la jambe percluse
     Rions avant que vienne le temps de pleurer

     Avant bien avant qu'il n'y ait plus de temps
     Chantons dansons rions
     Avant que ce ne soit plus de saison

jeudi 30 juin 2011

carnet 27

03.06.2011

Les tilleuls en fleurs

parfum pénétrant de miel

l'enfant ce soir dort

la fenêtre ouverte

samedi 18 juin 2011

Carnet 27

14.06.2011

19 heures - début de soirée

Un tour au paradis

Le ciel est couvert comme il l'a été la journée durant; ça et là, des éclats de soleil si bien qu'il fait doux, étrangement doux. Des fourmis ailées dans l'allée du jardin prennent leur envol. Une multitude de bestioles se manifestent dessous chaque herbe dérangée, nerveuses, arrogantes et perverses. La terre encore humide, tiède. Moiteur de l'air. On ne verra pas le soleil se coucher. Une couverture nuageuse bleuâtre, grisâtre et cotonneuse montée jusqu'au menton. Si l'on prête attentivement l'oreille, on entend les pousses des jeunes tiges grandir. Absence de vent. Respiration aisée. Envie de vivre comme dans un roman. Laisser le livre ouvert sur les genoux. La nuit sera douce ou ne sera pas.

mercredi 15 juin 2011

Carnet 27

13.06.2011

      Nous étions  descendus au jardin respirant la nuit tiède guettant la première étoile du soir.

     T'en souviens-tu  ?

     Et de ce grand frisson qui a saisi tout à coup les grands arbres du parc, les tordant, comme pris d'un tremblement plaintif, leurs branches se vrillant en dedans, les feuilles bruissant puissamment, qui nous fit nous rapprocher encore plus l'un de l'autre, nos corps emplis du même frémissement ?

     Et du silence tout aussi subit qui s'ensuivit ?

     Nos mains dans l'ombre se sont rencontrées et j'ai senti alors combien ton coeur s'était ému de cette saute d'humeur à la moiteur de ta paume dans la mienne.

    Nous sommes alors remontés, main dans la main, vers la maison éclairée comme l'on gagne un refuge.

lundi 13 juin 2011

carnet 27

08.06.2011

A la manière d'Augustin

Qu'est-ce donc que le chemin ?  Si personne ne me le demande, je le sais : je le vis et le dessine et le borne. Mais si quelqu'un me demande où je vais, je ne sais lui répondre...

Les oiseaux migrateurs ne font que passer.

Todorov, dans L'esprit des Lumières, note ceci :

" Se perdre, (c'est) le début de la découverte. "

mercredi 8 juin 2011

Carnet 27

05.06.2001

L'arbre en moi à jamais accompli
encore inadvenu
toujours à peindre
s'imposant se cachant
présent-absent
être et non-être
fuyant en balance
au rythme des saisons
déraison de l'homme