13.10.2009
Les mots se déposent
mer de l'oubli
terre d'avenir
mercredi 25 avril 2012
lundi 9 avril 2012
Carnet 27
07.04.2012
On espère le printemps. Si le vent souffle d'Ouest, on a quelque chance. Mais il reste au Nord. Ce n'est donc pas pour demain. Attention aux pollens : c'est l'époque. Que vous disais-je ? A vos souhaits. Merci.
" L'horreur est une atmosphère - note Sollers en son journal de mars - : particules perdues, nuages poudreux, rayonnements douteux. " Et vous avez oublié votre parapluie ! Incorrigible distrait.
On espère le printemps. Si le vent souffle d'Ouest, on a quelque chance. Mais il reste au Nord. Ce n'est donc pas pour demain. Attention aux pollens : c'est l'époque. Que vous disais-je ? A vos souhaits. Merci.
" L'horreur est une atmosphère - note Sollers en son journal de mars - : particules perdues, nuages poudreux, rayonnements douteux. " Et vous avez oublié votre parapluie ! Incorrigible distrait.
lundi 2 avril 2012
carnet 27
8 octobre 2009
Luisant sous la pluie
les mots sur l'ardoise
déjà s'effacent
Je ne sais plus
je ne sais rien
nu comme avant
Luisant sous la pluie
les mots sur l'ardoise
déjà s'effacent
Je ne sais plus
je ne sais rien
nu comme avant
dimanche 11 mars 2012
jeudi 8 mars 2012
réunion
On ne l'avait jamais entendu dire non. Non, jamais. Dans une discussion, il se tenait à distance respectueuse. Il campait sur les marges, loin des turbulences. Loin des courants. Comme en réserve mais sur le qui-vive. Cette attitude lui était imputée généralement comme plutôt favorable. Il donnait le change. Un hôchement de tête, quelques mots à mi-voix avec ses voisins, un mouvement de la main. Histoire de montrer qu'il était bien là, présent, participant. Chacun ainsi interprétant ses silences dans le sens qui l' arrangeait, valable comme un accord tacite, sous-entendu, tombant sous le sens pour peu qu'une dose de crescendo vienne colorer la réunion et qu'on le vit sourire.
Certains, cependant, considéraient cette attitude comme trop complaisante et ne ménageaient pas en sous main leurs critiques, taxant leur collègue de timidité ou de mollesse. D'autres, sans indulgence aucune, allant jusqu'à parler de servilité. Ces choses ne l'atteignaient pas et le laissaient de glace. Prendre parti lui semblait rogner sa part de liberté personnelle. Toute opinion en ces domaines lui paraissant abusivement tranchée et obéissant plutôt à des préférences de clans et de groupes d'influence ayant for peu à voir avec le problème de fond si toutefois il y en avait un. Tout manichéisme, pensait-il, ampute la réalité, escamote la diversité et biaise la réalité. Toute affirmation et son contraire se révélant à la longue, comme également vrais. Il discernait trop vite sous l'échange, le parti-pris qui couvait sous le charme de la rhétorique. Toute conversation un peu longue lui tournait la tête et le faisait immédiatement entrer dans ses pensées personnelles, son monde à lui où il s'évadait un instant. Soutenir une controverse était hors de ses possibilités principalement lorsqu'elle s'éternisait ou tournait à l'aigre. Dans ce cas, il avait l'impression, se détachant immédiatement de la mêlée, d'assister de loin à une scène de théâtre où chacun se révélait sous un jour inattendu et le plus souvent cocasse. De participant, il devenait spectateur d'un jeu d'où il se retirait en coulisse. Il restait dans l'expectative, une attente prudente et somme toute confortable où il se permettait de juger à part soi. Ainsi, aux yeux de certains paraissait-il comme l'indécision même, et incapable en maintes occasions de prendre parti. Mais s'il ne le faisait savoir, il exprimait ses choix lors du vote final sans avoir à proclamer urbi et orbi ses opinions sur toute chose et à tout propos. Une opinion, pensait-il, ne s'établit que sur du sable et bien sots ceux qui n'en changeront pas.
Prudent jusque dans la discrétion, on pouvait se confier à lui. Mesuré en ses paroles jusqu'à la réserve , on avait généralement confiance en lui. Dire qu'il n'était d'aucun parti aurait été une absurdité. Il avait ses idées bien à lui mais il ne les exprimait jamais sans avoir pesé le pour et le contre. Aussi n'aimait-il pas les esprits bornés, tout d'un bloc et murés dans leurs convictions. Ce qu'il s'efforçait en fait, c'était de préserver son intimité, son moi intérieur, sa citadelle que personne jusqu'ici n'avait vraiment atteinte. Un excès d'égotisme, sans doute.
Aussi, dés la réunion terminée, la séance levée, ramassait-il prestement ses affaires quand il ne les avait pas déjà préparées d'avance sentant venir l'épuisement de la discussion et il se levait, se faufilait entre ses collègues, faisant quelques signes de têtes à l'un ou à l'autre, serrant une main par ci et par là, il prenait la poudre d'escampette, se découvrant soudain des impatiences dans les jambes et un besoin urgent de respirer l'air pur.
jeudi 1 mars 2012
carnet 27
Sursis
De surseoir lui-même de seoir
redeir, reder, seir, par le latin sedere
Plus de gambade : assis !
Pas debout, pas couché. J'ai dit: Assis !
A se croiser les bras sinon les doigts
une maille à l'endroit une maille à l'envers
assis sur son séant, sis, sise, pour une séance.
Une grande ou petite béance en attendant le néant tout noir. Le trou.
Pouce, dites-vous, un petit délai encore, une remise de peine ...
Pourquoi pas
pendant que vous y êtes
une séance de relaxation !
Allez, allez, on embarque de suite.
On liquide. Rien ne doit rester. Pressons.
Pas de sursis pour les canards boîteux
Et c'est parti
Le compte à rebours
Sans tambours ni trompettes
Les oiseaux se cachent bien pour mourir
De surseoir lui-même de seoir
redeir, reder, seir, par le latin sedere
Plus de gambade : assis !
Pas debout, pas couché. J'ai dit: Assis !
A se croiser les bras sinon les doigts
une maille à l'endroit une maille à l'envers
assis sur son séant, sis, sise, pour une séance.
Une grande ou petite béance en attendant le néant tout noir. Le trou.
Pouce, dites-vous, un petit délai encore, une remise de peine ...
Pourquoi pas
pendant que vous y êtes
une séance de relaxation !
Allez, allez, on embarque de suite.
On liquide. Rien ne doit rester. Pressons.
Pas de sursis pour les canards boîteux
Et c'est parti
Le compte à rebours
Sans tambours ni trompettes
Les oiseaux se cachent bien pour mourir
mercredi 22 février 2012
carnet 27
22.02.2012
Dis-moi pourquoi ai-je si froid
loin de toi
mon soleil ma joie mon envie ?
Pourquoi es-tu encore si près de moi ?
Le temps entre nous a posé ses querelles
et toi ni moi n'y pouvons rien
qu'ajouter du silence au silence
de l'oubli à l'oubli
aux jours d'été
aux jours heureux
Non tu ne peux me dire
pourquoi j'ai si froid de toi !
mardi 17 janvier 2012
carnet 27
Déraciné
Il passe le trépassé le déraciné le mis à l'eau porté par le courant se glissant en silence flottant se coulant bras ballant bras tombant l'immense cimier en poupe effet de broussaille en désordre de chevelu mal coiffé mal brossé un dérisoire toupet à l'arrière en guise de gouvernail à peine un léger clapotis à son flanc de noyé couché vaincu abattu ne tutoyant plus ni le ciel ni le vent
Il passe le trépassé le déraciné je le regarde et le salue du bord l'accompagne un instant en sa fuite ultime
Un oiseau - un corbeau - perché à l'avant le pilote et le conduit au port
samedi 7 janvier 2012
Carnet 27
Tout ce temps
J'ai mis tout ce temps
pour arriver jusqu'à toi
ma délivrance ma déshérence
au point de non retour
J'ai mis tout ce temps
et ne me dites pas
que la route fut longue et belle
J'ai mis tout ce temps
rien que pour en dessiner le fil
et tenir la droite
avec ses fulgurances ses faux-semblants et ses faux-pas
J'ai mis tout ce temps
pour découvrir en bordure
les ombres qui se profilent
J'ai mis tout ce temps
pour sentir qu'elles furent
au plus intime les plus secrètes
les plus aimées les plus vraies
J'ai mis tout ce temps
pour comprendre cette chose toute simple
qu'il n'y avait rien à comprendre
Simplement qu'aller son chemin
et si au passage un chien aboie
c'est dans son rôle que d'aboyer
comme au passant que de passer
J'ai mis tout ce temps
pour que l'aube soit belle
quand le soleil s'éteindra
aux rives du fleuve en un rêve de feu
loin là-bas vers l'Occident
J'ai mis tout ce temps
plaçant des mots sous mes pas
et le vent au passage les cueille
les mots du temps s'envolent
pour qu'il ne reste rien
Peut-être qu'un peu de cendre sur le chemin ...
J'ai mis tout ce temps
pour arriver jusqu'à toi
ma délivrance ma déshérence
au point de non retour
J'ai mis tout ce temps
et ne me dites pas
que la route fut longue et belle
J'ai mis tout ce temps
rien que pour en dessiner le fil
et tenir la droite
avec ses fulgurances ses faux-semblants et ses faux-pas
J'ai mis tout ce temps
pour découvrir en bordure
les ombres qui se profilent
J'ai mis tout ce temps
pour sentir qu'elles furent
au plus intime les plus secrètes
les plus aimées les plus vraies
J'ai mis tout ce temps
pour comprendre cette chose toute simple
qu'il n'y avait rien à comprendre
Simplement qu'aller son chemin
et si au passage un chien aboie
c'est dans son rôle que d'aboyer
comme au passant que de passer
J'ai mis tout ce temps
pour que l'aube soit belle
quand le soleil s'éteindra
aux rives du fleuve en un rêve de feu
loin là-bas vers l'Occident
J'ai mis tout ce temps
plaçant des mots sous mes pas
et le vent au passage les cueille
les mots du temps s'envolent
pour qu'il ne reste rien
Peut-être qu'un peu de cendre sur le chemin ...
dimanche 11 décembre 2011
carnet 27
27.11.2011
Peuplier au bord de l'eau
Un murmure qu'au passage je perçois
venu je ne sais d'où
comme porté par le vent
un mouvement dans ces feuilles
et qui les rend soudain bavardes.
Un murmure qui se glisse et poudroie
amulettes offertes au bord du chemin
s'allumant s'éteignant
comme autant de soleils en clins d'oeil
paroles miroitantes jetant un dernier cri
et que je puis traduire.
Suspendant ma marche intrigué
je contemple cette brassée de feuilles
en leur déclin
et je comprends alors
que par leur babillage
elles saluent en cet instant
mon ultime passage en ce lieu.
Peuplier au bord de l'eau
Un murmure qu'au passage je perçois
venu je ne sais d'où
comme porté par le vent
un mouvement dans ces feuilles
et qui les rend soudain bavardes.
Un murmure qui se glisse et poudroie
amulettes offertes au bord du chemin
s'allumant s'éteignant
comme autant de soleils en clins d'oeil
paroles miroitantes jetant un dernier cri
et que je puis traduire.
Suspendant ma marche intrigué
je contemple cette brassée de feuilles
en leur déclin
et je comprends alors
que par leur babillage
elles saluent en cet instant
mon ultime passage en ce lieu.
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