Le Ginkgo biloba a tout son temps devant lui.
Sans se faire de bile
il mise sur avril
pour déplier ses feuilles.
Il a tout le temps devant lui
ayant traversé contre vents et marées
les temps primaires
du Permien au Cambrien.
Qui veut aller loin
va piano dit le sage
et le Ginkgo biloba
a tout le temps devant lui.
jeudi 15 septembre 2011
jeudi 1 septembre 2011
La rentrée
Elle venait de sortir de sa serviette son premier paquet de copies de l'année et l'avait étalé sur la table. Elle allait y consacrer l'après-midi. Et en poursuivre la correction pendant la soirée si elle n'était dérangée ou si elle en avait l'envie. Elle n'avait pas d'autre projet, ni d' aller au cinéma, les programmes de la semaine ne lui avaient rien dit, ni de flâner dans les rues ou dans les magasins. On annonçait de la pluie pour le week-end. Et d'ailleurs, la pluie était déjà là, mouillant les vitres. Il pleuvait décidément ici autant qu'à Paris sans compter les jours de brouillard. En jetant un coup d'oeil sur le jardin, en contre-bas, elle découvrit la cime brillante de l'ailante envahissante, un peu de lumière surgie entre deux nuages et qui se réfléchissait sur les larges feuilles mouillées, les rendant luisantes et métalliques. Mais cette grisaille ne la contrariait pas. Elle se sentait bien. Heureuse, pensa-t-elle, en laissant retomber le rideau et se dirigeant vers sa table. Heureuse de retrouver des devoirs et, à travers eux, de découvrir ses nouveaux élèves. Heureuse aussi d'être chez elle, d'avoir un appartement qu'elle jugeait confortable, un petit chez soi qu'avec sa mère, venue à la rescousse, elles avaient toutes deux déniché et agencé dès son arrivée ici, en plein centre ville, un quartier devenu piétonnier et tranquille, à deux pas du lycée. Heureuse, enfin, d'exercer son métier d'enseignante, quatre années déjà... Contrairement à ce qu'elle entendait raconter autour d'elle et qui s'étalait comme à plaisir dans les journaux, il ne lui pesait pas, bien au contraire. Elle conservait intact l'enthousiasme de sa première année, l'année des découvertes, quand elle fut nommée dans un collège d'une ville qu'elle ne connaissait pas, à l'autre bout du pays. Elle n'avait, au sortir du concours, exprimé aucun choix, sollicité aucune faveur malgré les offres discrètes qu'on lui avait fait sinon avoir déclaré être disponible pour toute destination. Elle s'y était immédiatement trouvé à l'aise. Elle avait sans aucun doute eu de la chance: pas de problèmes de discipline, malgré sa jeunesse et son inexpérience. D'instinct, peut-être, et sans trop se poser de questions, elle avait trouvé la bonne manière. Tout métier ne devient difficile que si l'on y réfléchit trop, que l'on hésite dans ses choix. Elle abordait ses élèves avec le sourire, leur prêtant une oreille attentive. Elle savait où diriger ses pas et portait en elle une telle ardeur, une telle fraîcheur, une gaieté aussi qui faisait plaisir à voir et qui charmait ses élèves. Elle y ajoutait une telle passion que toute son existence sinon son être lui-même semblait se ramasser, se concentrer dans l'exercice exclusif de ce qu'il fallait bien appeler un sacerdoce qu'elle découvrait à mesure, adaptait et amplifiait et auquel elle était depuis toujours déterminée à se consacrer. Ce qu'elle était bien prête de considérer comme une vocation lui avait fait refuser une bourse qu'un de ses professeurs de Faculté lui avait proposé après sa brillante année d'agrégation pour commencer une Thèse. Celui-ci n'avait réussi cependant après plusieurs rencontres infructueuses qu'à lui faire accepter un sujet auquel elle n'avait depuis consacré que quelques molles après-midi qu'elle s'était accordées dans la pourtant riche bibliothèque de la ville où elle venait d'arriver. Lorsque l'année passée, elle reçu son affectation au Lycée Stendhal, elle prit cela pour une promotion et redoubla de ferveur d'autant que sa toute neuve agrégation lui ouvrait les prestigieuses classes préparatoires. Mais elle avait tenu lors de sa visite de courtoisie chez le Proviseur à vouloir conserver aussi la charge d'une classe moins élitiste ce qui fut accepté avec empressement tant le cas d'une semblable demande était rare.
(...)
(...)
mardi 30 août 2011
Carnet 27
24.08.2011
Un, deux, trois...
les voici une dizaine de papillons virevoltant.
Le buddléia pavoise.
Sur la grappe qui ne frémit pas
ils se posent d'une délicatesse infinie
temps de repos après l'émoi de l'atterrissage
sans que les fleurs penchent
Et les trompes fébrilement déployées
au fond des corolles s'activent
puisent leur plaisir
frémissantes turgescentes
aspirant le suc
Les antennes hypnotiques
les yeux fixes
un battement d'ailes pour s'éventer
Et voici qu'ils repartent
déploiement silencieux de velours
reprenant leur envol
aussi imprévisible que leur arrivée
un décollage inattendu et insouciant
provende faite
Légers comme plumes au vent
météores silencieux
ballet sans chorégraphe
rien que des valseurs crescendo
jouant dans l'ombre et la lumière
autour de l'arbre aux papillons
un soir d'été.
Les paons du jour.
Un, deux, trois...
les voici une dizaine de papillons virevoltant.
Le buddléia pavoise.
Sur la grappe qui ne frémit pas
ils se posent d'une délicatesse infinie
temps de repos après l'émoi de l'atterrissage
sans que les fleurs penchent
Et les trompes fébrilement déployées
au fond des corolles s'activent
puisent leur plaisir
frémissantes turgescentes
aspirant le suc
Les antennes hypnotiques
les yeux fixes
un battement d'ailes pour s'éventer
Et voici qu'ils repartent
déploiement silencieux de velours
reprenant leur envol
aussi imprévisible que leur arrivée
un décollage inattendu et insouciant
provende faite
Légers comme plumes au vent
météores silencieux
ballet sans chorégraphe
rien que des valseurs crescendo
jouant dans l'ombre et la lumière
autour de l'arbre aux papillons
un soir d'été.
Les paons du jour.
jeudi 25 août 2011
Carnet 27
20.08.2011
Vents des quatre-saisons
vent de Hurlevent
vent des plaines et des steppes
sur les traces de Michel Strogoff
Vents de galerne et vents d'autan
vents d'ailleurs et ceux d'ici
vents de la rose
aux senteurs de foin
le girouette s'affole et se grise
et le coq ou la voile ou la plume
virent et grincent sur les toits
vents dans les grands arbres morts
se déchirant et partant en lambeaux
vents dans la voile
qui claque
et vogue la galère
le vent blessant
le vent ronflant
Je suis - dit le roseau - né un jour de grand vent.
Ah ! tous ces vents de par le monde
portant les voix et les chants d'espoir.
Vents des quatre-saisons
vent de Hurlevent
vent des plaines et des steppes
sur les traces de Michel Strogoff
Vents de galerne et vents d'autan
vents d'ailleurs et ceux d'ici
vents de la rose
aux senteurs de foin
le girouette s'affole et se grise
et le coq ou la voile ou la plume
virent et grincent sur les toits
vents dans les grands arbres morts
se déchirant et partant en lambeaux
vents dans la voile
qui claque
et vogue la galère
le vent blessant
le vent ronflant
Je suis - dit le roseau - né un jour de grand vent.
Ah ! tous ces vents de par le monde
portant les voix et les chants d'espoir.
mardi 23 août 2011
Carnet 27
16.08.2011
Ils passent ils sévissent
prélevant dîme et prébendes
par les champs du ponant
par les champs du levant
les vents
les grands vents de l'Histoire
toujours insatisfaits
avides et cupides
assoiffés de la manne terrestre
asséchant la pierre et le limon
les vents
les grands vents dominants du monde
Ils passent ils sévissent
prélevant dîme et prébendes
par les champs du ponant
par les champs du levant
les vents
les grands vents de l'Histoire
toujours insatisfaits
avides et cupides
assoiffés de la manne terrestre
asséchant la pierre et le limon
les vents
les grands vents dominants du monde
samedi 20 août 2011
Carnet 27
16.08.2011
Et sous les vents plient
menu fretin pas bien malin
herbes et paille confondues
hommes femmes et enfants
Sous les vents jamais ne se relèveront
fétus jeux du hasard
les dès jetés
les destins brisés de tout un chacun
Et sous les vents plient
menu fretin pas bien malin
herbes et paille confondues
hommes femmes et enfants
Sous les vents jamais ne se relèveront
fétus jeux du hasard
les dès jetés
les destins brisés de tout un chacun
mercredi 17 août 2011
Carnet 27
16.08.2011
Ils passent et sévissent
prélevant dîme et prébendes
par les champs du ponant
par les champs du levant
les vents
les grands vents de l'Histoire
toujours insatisfaits
avides et d'or et d'argent
cupides de la manne terrestre
les vents dominants du Monde
Ils passent et sévissent
prélevant dîme et prébendes
par les champs du ponant
par les champs du levant
les vents
les grands vents de l'Histoire
toujours insatisfaits
avides et d'or et d'argent
cupides de la manne terrestre
les vents dominants du Monde
lundi 8 août 2011
Carnet 27
29.06.2011
Vivre sa vie telle une saison
Chaque jour sans rime ni raison
La main à la rame filant sa peine
Allant l'amble et le vent
Tissant le jour ce que la nuit défait
mercredi 3 août 2011
Carnet 27
15.07.2011
Venus de tous les horizons
les nuages à grains
toutes voiles dehors
Immense et sombre armada de par le ciel
Lourds vaisseaux
en lignes parallèles
barrant le ciel
le nez au vent
ventres à ventres
Sans tambour ni trompette
en silence et sans fin
paradent tout le jour.
Venus de tous les horizons
les nuages à grains
toutes voiles dehors
Immense et sombre armada de par le ciel
Lourds vaisseaux
en lignes parallèles
barrant le ciel
le nez au vent
ventres à ventres
Sans tambour ni trompette
en silence et sans fin
paradent tout le jour.
samedi 30 juillet 2011
carnet 27
24.07.2011
Ce matin
quatre hirondelles
sur un fil
se sèchent
soleil levant
d'un frisson d'automne
d'un frisson d'automne
Inscription à :
Articles (Atom)