mercredi 19 février 2020

Chronique d'hiver

    Une seule phrase, proustienne, d'un seul jet, un seul souffle, en continuité, en fluidité, passent les jours et les saisons...

    « Pas de neige notable depuis la nuit du 1er février, mais un mois glacial avec peu de soleil, beaucoup de pluie et beaucoup de vent, et tous les jours tu t'es retranché dans ta chambre pour écrire cette chronique, ce voyage à travers l'hiver jusqu'en ce mois de mars, à présent, encore froid, encore aussi glacial que le froid hivernal de janvier et de février, et pourtant tu sors maintenant chaque matin pour examiner le jardin, à la recherche d'une touche de couleur, de la moindre feuille de crocus en train de sortir du sol, de la plus petite touche de jaune sur le forsythia, mais tu ne relèves rien pour l'instant, le printemps arrivera tard cette année, et tu te demandes combien il faudra encore de semaines avant que tu te mettes en quête de ton premier merle d'Amérique. »

Paul Auster, Chronique d'hiver, Actes Sud, 2013. (Traduction de l'américain de Pierre Furlan)

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